vendredi 2 mai 2008

[•REC]

REC experimenta el mierdo

Misère misère et super misère... La morsure de la cruelle déception a planté en moi ses canines plus profondément que l'aurait fait n’importe quel infecté à la con qui court partout en vociférant d'inintelligibles dialogues qui semblent avoir été écrit par Danny Boon pour son film ! Voilà donc un film vendu sur son impact flippatoire, mais qui au final fait aussi peur que Bienvenue chez les Ch’tis fait rire… Eh oui, vous êtes prévenus, faites foin de l’enthousiasme débordant pour ce film, il est aussi inexplicable que l’épidémie d’incohérences narrée sur ces 75 longues minutes…
Soyons sport, parlons d’abord de ses qualités, elles seront aussi rapidement évacuées que l’espoir que je portais dans ce métrage… Reconnaissons juste qu’il est techniquement réussi, l’effet « reportage » est crédible : l’image est immonde et les plans séquences font presque aussi mal au crâne que la pénible voix de l’horripilante mais forcément jolie quoiqu’un peu nouille présentatrice.
On m’avait bien dit que le film était décevant et qu’il n’enchaînait ses innombrables clichés qu’avec des situations archi convenues. Désolé mais ce n’est pas tout à fait vrai. Des clichés ? Il n'y en a pas tant que ça, trois ou quatre tout au plus. Par contre c’est tout, à part ça on ne trouvera rien de plus dans le film ! Et c’est ému que j’en place une ici pour le coup de la résolution de l’énigme foireuse par magnétophone interposé. A ce moment là si Ash (d'Evil Dead) avait déboulé dans le grenier en découpant le casting à la tronçonneuse, j’aurai crié au génie, je l'aurai chanté, hurlé, je me serai levé et j’aurai embrassé tous les gens dans la salle et puis, entre deux cantiques, je me serai masturbé à genoux pour éjaculer l'aboutissement de toute une vie sur l'affiche du film, un râle dans la gorge, en promettant à qui voudrait l’entendre que désormais je ne parlerai plus qu'espagnol, je ne vivrai plus qu'à Barcelone, je ne mangerai plus que des tortillas et je ne boirai plus que de l'huile !
Bref… on est passé pas loin du chef d’œuvre… Tant pis…
Mais alors ? Suis-je trop vieux ? trop cynique ?… Ou trop fatigué ? Mais si techniquement le film est plutôt immersif (enfin, un peu comme si on s’endormait dans sa baignoire) comment diable ce scénario linéaire, convenu, répétitif et aussi peu inventif arriverait-il à créer une quelconque tension ?! C’est d’une connerie pas possible, par exemple : les gens ne deviennent subitement « enragés » que lorsqu’on s’intéresse à eux et même si on nous dit que le temps d'incubation est variable suivant les groupes sanguins... mon oeil oui ! C'est plutôt suivant les besoins du scénariste ! Ceux et celles qui ont vu le film se souviennent de la sidérante scène de la gamine attaquant sa mère... Sidérante d'opportunisme et de roublardise !
En fait il ne se passe rien d’intéressant que l’on n’ait déjà subi mille fois ces dernières années… Un bon point ceci dit, on évite l'écueil pourtant très attendu du chat qui saute dans le champ. Le budget croquettes aurait-il était sucré par une production trop pingre ?
Balaguero garde pour son final la seule bonne idée du film : la séquence en vision nocturne. C’est juste un peu dommage que ce ne soit plus qu’une astuce désormais obligée, The Descent et Cloverfield utilisant la même recette pour leurs scènes chocs respectives. Ce final nous fait également le coup du journaliste passant de vie à trépas devant sa caméra, de voyeur complice du spectateur, il devient exhibitionniste de sa propre mort, nous laissant désormais seuls. Dommage que le procédé fut exploité, et avec déjà du recul, dans Cannibal Holocaust, et poussé au bout de la pellicule dans C’est arrivé prêt de chez vous ou même serve de final dramatico-larmoyant-prout-prout dans Cloverfield ! Je ne me souviens plus du Projet Blair Witch (qui aurait dû mieux porter son nom et y rester… à l’état de projet) mais j’imagine qu’on retrouve la même grammaire. On attend fébrile le prochain navet du regretté Romero pour savoir si la vision nocturne deviendra LA grande astuce visuelle du cinéma d’épouvante de notre époque…
Cannibal Holocaust et C’est arrivé prêt de chez vous furent tourné en film… c’était autre chose quand même et je ne peux qu’éprouver le même mépris devant leurs rejetons que celui qu’éprouve Ben devant l’équipe de tournage concurrente qui tourne en vidéo…
Blam ! Blam ! Blam ! Ah ah ah ! Ca donne envie d’essayer !

mardi 22 avril 2008

BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS

Bienvenue chez les cons, film de merde, affiche de merde, gags de merde, anecdotes de tournage de merde...

Bien sûr que vous vous en doutez, ce film est nul. Voulu, pensé et porté à bout de bras par un obscur saltimbanque rendu célèbre par un sketch sur le k-way et bénéficiant d’une mise en scène quasiment vide d’idées, le film est censé reposer sur des dialogues finement tricotés (alors qu’ils le sont comme le gilet du Père Noël est une ordure) et sur un comique de situation aux ressorts surannés flattant les cerveaux fatigués ou conquis de spectateurs voulant retrouver paisiblement ses stars de la télé sur grand écran…
Les gens répondent souvent présent dès qu’on flatte leurs bas instincts… Alors on comprend que certains aient été flattés par un chauvinisme régional exaltant les adipeuses valeurs du saucisse frites, on reste dubitatif quant aux motivations des autres, sans doute séduits par un tandem de professionnels de la télé aux plaisanteries stupides de talk show narrant sans compter des anecdotes de tournage désopilantes… Savez vous que Kad Merad s’est vraiment pissé dessus lors de cette scène à vélo ?
Tout ça donne des centaines de copies en circulation, plus de 14 millions d’entrées… Pendant ce temps on me rappelle que le film numéro un en Espagne, c’est L’Orphelinat... Le blog des films de merde remercie la France pour sa politique culturelle et sa culture cinématographique !
Bien sûr je ne prends pas de grands risques à vomir ce film qui perpétue la tradition de la comédie franchouillarde d’antan. Car à l’instar des films de « qualité française » qui prospérèrent sur nos écrans dans les années 70, on se souvient tous de nos comédies populaires, les vraies, celles qui permirent à des acteurs comme Paul Presboit ou Roger Carel de payer leurs impôts pendant des années, enchaînant pantalonnades vulgaires et sordides bouffonneries… Combien d’années faudra-t-il pour que cette daubasse misérable qui rajoute sans honte une page au dictionnaire des films de merde finisse par être rangée dans les mêmes bacs de solderie d’écomarchés de banlieue ?
Dans combien d’années le bon peuple de France se retournera t’il sur son passé, affligé de s’être délecté d’un cinéma évident aux mécanismes putassiers et insultants de naïveté ? Dans combien de temps jettera-t-il le même regard désabusé et méprisant sur ce film de merde que sur n’importe quelle connerie animée par les Charlots ?
Qui se souvient qu’en 1979, On est venu là pour s’éclater de l’improbable Max Pecas était le premier film français au box office national ? Bienvenue chez les ch’tis est le phénomène cinématographique de la décennie qu’on aura oublié dans six mois…

jeudi 17 avril 2008

L'ENNEMI INTIME

L'ennemi intime

Quelle déception ! Mais disons le tout de suite pour calmer les esprits, non, ce film n’est pas une « purge innommable » ! Mais si l’on doit la présence de L’Ennemi Intime dans ce blog, c’est à cause de l’immense déception qui m’a lentement mais inéluctablement ruiné le moral en même temps que ma soirée lorsque je me suis tapé ce film que j’espérais vraiment être une des réussite de l’année. Ce n’est pas tant que j’attendais grand chose du très en vogue Florient Emilio Siri (Nid de Guêpe euh... oui mais non ! Otages je passe mon tour merci) mais l’idée d’un film de guerre sur le conflit en Algérie tourné par un réalisateur ayant fait ses preuves dans l’actioner débile et servi par un scénario de l’érudit et inattaquable Patrick Rotman avait tout pour exciter la fibre cinéphile qui se tortille en moi.
Et ben bravo ! Me voilà fort contrit de chroniquer ce film ici-bas. Contrit mais également surpris vu les critiques globalement bonnes écrites par les spécialistes de la nouvelle cinéphilie. Mais une nouvelle fois je suis bien désolé, je ne marche pas, étant resté à la porte de cette bobine qu’on n’ose imaginer autre que sincère et respectable dans son ambition…
Oui mais voilà, le film cumule ou accumule les grosses ficelles propres aux parodies de films de guerre en empilant les scènes qui semblent avoir été écrites comme des modules indépendants s’enfilant au petit bonheur la chance. Telle scène porte sur la torture, telle autre sur les embuscades, tel passage évoque la cruauté des fellagas, tel autre insiste sur la dualité des soldats algériens servant le drapeau français… Rotman a voulu écrire une histoire dans l’Histoire et c’est là que réside l’échec principal du film : son articulation rouillée et maladroite déconnecte le spectateur du récit, la sauce ne prend pas, le flan s’étale, le radeau sombre. Et c’est ce foutu découpage documentaire, très didactique et trèèèès scolaire qui plombe l’identification et l’investissement du spectateur dans ce film… Même si celui ci a vraiment fait un effort pour s’intéresser à ce qu’on lui montre ! On suit des personnages que la réalisation présente dans des situations censées soulever l’empathie, mais les moyens lourdauds pour y arriver annihilent tous ces efforts. Que ce soit le film projeté d’un soldat décédé qui soulève d’abord les rires puis les pleurs, que ce soit la permission de Terrien l’idéaliste à la con joué par Magimel qui restera dans la rue à contempler le réveillon de sa famille ou que ce soit la mise en scène pleine de pathos de la mort de certains soldats… ce sont ce genre de scènes qui désamorcent la tension dramatique qui a pu naître aux détours de quelques scènes d’action, où les personnages ont la bonne idée de ne pas parler !
Ces scènes d’action font globalement l’affaire, même si la mise en scène se borne grosso modo à alterner plans resserrés et plans larges, ces derniers étant souvent réussis et mettant en valeur la beauté de paysages gigantesques qui grâce à la désaturation de l’image écrasent les personnages dans ce décor rocailleux.
L’histoire censée nous être racontée est en fait l’évolution « intime » des personnages qui vont être brisé et qui passeront au delà de leur seuil de rupture. Fidèle au reste du scénario, le traitement de ces personnages est dans le ton de l’écriture des scènes d’action : très caricatural. Jamais ces soldats ne parviennent à exister en dehors de leur valeur symbolique et ils semblent toujours être réduits à leur fonction, le casting édifiant nous présente toutes les figures classiques du film de guerre : le héros idéaliste mais qui va passer du côté obscur, le faux dur rongé par le mal secret de ses états d'âmes, le spécialiste du renseignement froid et cynique revenu de tout, le soldat algérien fidèle qui hait les fels... Ce véritable catalogue de clichés finit de plomber l’intérêt pour le film que le spectateur poli essayait poliment d’avoir. Les personnages parlant tous comme leur fonction leur impose de parler, balisés dans une caractérisation faite à la truelle, le spectateur patient regrette le documentaire éponyme et la parole vraie d’hommes et de femmes qui permettaient de sortir ce conflit de l’abstraction. Sans surprise, l’évolution psychologique est bâclée, attendue (pour Magimel) et tellement vaine finalement qu’on finit par se foutre totalement de qui meurt, qui survit… vu que jamais on ne croit à l’histoire qu’on nous raconte. C’est dommage car le casting n’a rien à se reprocher, essayant comme Dupontel d’incarner un personnage qui visiblement n’existe pas, ou qui finalement n’existe uniquement que dans le but de faire passer un message, une idée. De vulgaires marionnettes utilisées pour une succession de reconstitutions documentaires !
Avec tout ça, et malgré les intentions des auteurs que le spectateur attentif souhaite louables, on sombre définitivement dans un ennui tranquille. Les multiples citations de Siri pour le cinéma de Leone finissent finalement par arracher un petit sourire gêné et dubitatif (après moult clins d’œil on rajoute une calamiteuse louche référentielle avec une image floue revient régulièrement dans le récit pour trouver sa résolution –et sa mise au point- dans un final qui suscite autant le désintérêt que l’agacement… le flash forward étant ici particulièrement hors sujet !)
Et Rotman a beau dire que « La fiction est une forme de liberté très grande puisque cela permet après s'être nourri de tout ce documentaire, de cette phase préparatoire, de laisser aller des personnages, d'inventer des histoires. » On doute… « Comme disait Truffaut que je cite souvent, poursuit-il, « Dans tout bon film, il y a un bon documentaire ». Avant d’adapter son documentaire en fiction, il aurait bien fait de se demander si dans tout bon documentaire, il y avait un bon film… Parce qu’en tous cas, lui, il ne l’a malheureusement pas trouvé !
Un autre point, l’affiche apposait la phrase suivante : « Le Platoon de la guerre d’Algérie »… Siri s’est un peu défendu de cette référence mais tout de même, si l’on relit J.M. Valantin, on est surpris par son analyse du film de Stone, qui pourrait très facilement être calquée sur l'histoire écrite par Rotman : « La vraie bataille est donc celle qui se livre à l’intérieur de l’âme américaine, individuelle et collective : la projection de forces américaines au Vietnam est interprétée en tant qu’épreuve spirituelle. La lutte contre le communisme protéiforme est présentée comme un idéal parfaitement valable et valide, non critiquable ; mais ses modalités sont fondamentales. Le soldat est censé se battre pour son idéal en respectant les valeurs démocratiques, éthiques et spirituelles américaines. S’il les abandonne comme la brute, à cause de la guerre, il prend le risque de perdre son âme et, accessoirement, la vie. » La critique non pas du conflit mais des modalités du conflit, c’est un peu ce qui pousse le film vers la catastrophe. Résumé par la métaphore de Fellag, la guerre d’Algérie c’est comme une cigarette allumée de chaque côté. Le film renvoyant dos à dos soldats du FLN et armée d’occupation, on pourrait y trouver une vision cynique et misanthrope de l’Homme. Qu’il soit prêt à défendre des positions absurdes ou qu’il cherche à conquérir sa liberté, dans ces deux cas, l’Homme perd son âme dans le combat… Pourquoi pas après tout ?!
Le problème c’est que si je peux comprendre le point de vue unilatéral du film (les ennemis ne sont que des ombres comme dans tout vietxploitation de base) je reste circonspect quand à certains choix de mise en scène : Deux soldats sympas qui sont morts trèèèès tragiquement sont emmenés par un vétéran sévère mais juste qui tombera dans une infâme embuscade. Le poids du pathos pour les soldats français confronté à la lâcheté de l’ennemi, même si c’est pour faire avancer à la truelle la psychologie de Terrien l’idéaliste, j’ai déjà du mal, mais lorsque tout ça, finalement, débouche sur une opération de représailles dans le village, là je me rassure et je peux comprendre. On tente de nous faire saisir que ces hommes, bouleversés par la mort de leurs amis, commettent des actes abominables. Sauf qu’après avoir réuni tous les villageois (hommes, femmes, enfants) et armé les mitrailleuse, on passe au hors champ dès le premier coup de feu…
Etaler avec autant de complaisance les horreurs des uns tout en éludant pudiquement les exactions des autres, voilà un procédé bien douteux qui, appliqué à la guerre d’Algérie, rend le tout assez détestable (même si Rotman semblait être une caution tous risques pour le film…) et si la raison de tout cela c’est pour que le personnage joué par Magimel puisse perdre de son idéalisme pour se confronter aux véritables horreurs de la guerre… c’est bien dommage que Terrien, et le spectateur, soit choqué par les tortures des Fels, mais qu’on nous empêche de l’être par le massacre perpétré par les militaires français !
Ce choix est pour moi des plus douteux. On imagine guère un film sur l’occupation allemande en France qui montrerait les soldats allemands lâchement exécutés par les résistants, tout en omettant de montrer les meurtres des nazis…
En conclusion, il reste quand même, soyons pas trop vache, une mise scène qui arrive à être efficace sur quelques plans (mais pas forcément lors des morceaux de bravoure) des images assez chouettes et quelques zooms sympathiques.
C’est donc bien dommage que Siri n'ait pas eu une histoire cohérente à mettre en scène, il se serait peut être moins attaché aux magnifiques paysages et aurait réussi à faire prendre corps à ces hommes qui malgré des scènes dégueulantes de pathos n'émeuvent pas. C'est frustrant surtout que la distribution est solide, Dupontel en tête.
Une grosse déception, qui laisse un goût bizarre… Le genre de film qu’on aime pas ne pas aimer mais qui finissent par laisser un goût bien merdique dans la bouche.

samedi 8 mars 2008

ASTERIX AUX JEUX OLYMPIQUES

Asterix, le combat des merdes

Depuis que j’ai commencé ce blog, je peux dire que j’me suis tapé quelques bonnes bouses, comme par exemple ces films qui te rappellent le crottin de cheval, le genre de bobines qui se font bouffer par les chiens de l’entertainment trouvant appétissant tout ce qui leur passe sous le nez. D’autres films exhalent une odeur âcre, piquante, qui te saisissent tout entier et qui, à force, peuvent carrément te refiler des croûtes aux coins des yeux. Certaines daubes bien grasses évoquent les puissants dégazages des lendemains de cuites, celles qui te font promettrent que ah non plus jamais on t’y reprendra ! C’est sans compter avec les étrons des trop nourris, les résultats de la culture commerciale dispendieuse, celle là même qui est responsable de ces merdes de banquet si riches, si bruyants et si vulgaires et qui sont tellement assumées qu’il n’y a pas d’erreur, ça vient bien de chez nous ! Il y a aussi les petits films qui pètent plus haut que leur cul et qui veulent faire les malins mais qui finalement ne réussissent qu’à tacher le fond de culotte de leur prétention. Je pense aussi aux bonnes vieilles coulantes dont les franchises laissent une traînée pelliculée qui ne semble jamais vouloir se tarir, sans oublier bien sûr la crotte traîtresse, l’étron qui prend par surprise, la merde qu’on ne sent pas venir et qui vient vous cueillir alors que vous aviez le sourire au lèvres, que vous étiez détendu et que vous savouriez d’avance le plaisir d’un agréable relâchement.
Jusqu’à maintenant j’ai résisté à tout ça. Ma coprophagie cinématographique a résisté à 300, vu deux fois, et dont la seconde vision m’avait persuadé de refaire une note. J’ai tenu jusqu’au bout de Poltergay sans me pendre, même si j’ai du m’octroyer une longue pause à mi parcours. J’ai même réussi à regarder en entier s’il vous plait, et d’une traite, I Robot sans casser ma télé, Lady in the water sans m’endormir, The Fountain sans retomber dans l’héro, Hypertension sans fumer un seul spliff, Spiderman 3 sans prendre d’aspirine et Cloverfield sans vomir… J’avais réussi à me taper Die Hard 4 d’un œil amusé, laissant glisser sur moi la gluante beauferie du spectacle.
Mais là, non. Asterix aux Jeux Olympiques, j’ai pas tenu. Il faut dire qu’ils ont fait fort ! 4 scénaristes mobilisés… Langmann, Dazat, et Magnier et Charlot transfuges des Guignols et pourtant responsables de l’honorable script de Maléfique… Se sont joints à l’affaire des dizaines d’acteurs et de guest stars dont le casting semble avoir été fait sur le plateau d’une émission de Fogiel ! Il fait rêver les annonceurs publicitaires mais désole le spectateur : Delon, Garcia, Adriana Karambeu, Poelvoorde, Lalane, Dubosc, Stéphane Rousseau… C’est tourné n’importe comment dans le mépris le plus total du langage cinématographique, la laideur des effets spéciaux, vulgaires dans leur étalage mais à la cheapitude ringarde, le choc violent de la saturation des couleurs et la nullité totale des dialogues auraient pu mettre à sac mon stock de superlatifs ou de comparaisons douteuses pour l’année à venir ! Mais là, non, j’avoue j’ai craqué. Et puis, Cornillac, Cornillac, Cornillac… Cornillac je commence sérieusement à en avoir marre de sa gueule ! Après Cornillac et les fantômes pédés, Cornillac à poil dans la boue, Cornillac en traction avant, Cornillac fait du surf… Là, Cornillac qui fait des grimaces avec sa moustache devant un Depardieu figé dans la gnole comme Han Solo dans la carbonite c’est trop !
J’ai donc craqué au bout de 45 minutes. Je pense que je vais faire une pause sur le Cornillac pendant les mois qui vont venir… Pour Le nouveau proctologue euh protocole, son prochain film, comptez pas sur moi !
Sur ce, toutes mes condoléances aux projectionnistes des 12000 salles où ce film est passé. Il y a des jours où vous ne faites vraiment pas un métier facile !

lundi 18 février 2008

CLOVERFIELD

Clovershit

Disons le tout de suite, si Cloverfield a réussi quelque chose c’est bien sa promotion sur internet qui grâce à un buzz tournant autour d’un trailer aussi efficace que mystérieux a excité le public qui se demandait ce qui se cachait derrière ce titre bien étrange et son parti pris, à la base intéressant, de faire un film de monstre tourné à la première personne.
Mais comme vous vous en doutez bien évidemment, à l’instar de la montagne qui accouche d’une souris, le monstre titanesque de Cloverfield n’aura finalement démoulé qu’un étron aux dimensions d’une chiure de mouche !
Le film narre donc l’arrivée d’un monstre géant détruisant tout sur son passage dans les rues de New York, le tout filmé par l’intermédiaire d’un caméscope retrouvé après la bataille… Genre document top secret de l’armée qu’on visionnerait parce qu’on appartiendrait à une division secrète du Pentagone ! C’est super, mais vous réjouissez pas trop vite car on suit de cette manière quelques jeunes bobos se précipitant dans le chaos pour aller rechercher une copine qui est restée coincée dans son loft luxueux avec vue sur Central Park, filmé par le crétin de la soirée tout jouasse d’avoir un caméscope dans les pattes.
On aurait pu penser que le fond et la forme du film, influencé par sa fameuse bande annonce hautement évocatrice, avaient tout pour développer des thèmes prodigieusement intéressants. Mais hélas ! Trois fois hélas ! Ils sont l’un après l’autre évacués, torchés ou carrément laissés de côté avec une paresse ou une inconscience qui force le respect. Pensant probablement que son buzz internet se suffisait à lui même, Cloverfield n’a finalement de dantesque que son ahurissante et méprisante fainéantise intellectuelle… Sombrons donc corps et âmes dans cet abysse de vide d’où régulièrement surnagent quelques clichés ne devant leur présence qu’à la quête éperdue du scénariste tentant désespérément de trouver assez de scènes pour atteindre la durée légale d’un film. C’est ainsi que, péniblement, on atteint 85 longues minutes, générique compris ! Ce qui est dramatique c’est le sentiment qu’on se fout royalement de notre gueule, les thèmes forts que ce film ont fait naître sont nombreux et c’est désolant de les voir faire place à une intrigue de sitcom débile, aux enjeux misérables et à la progression parkinsonienne.
On ne peut pas passer outre que désormais, dès que les américains sont attaqués sur leur sol et a fortiori à Manhattan, on se sent poussé, à tort ou à raison, de jauger ce que l’on voit par le prisme du « 11 Septembre ».
Dans le fond, je m’en fous un peu, mais ici le postulat de départ rend ce parallèle évident. Mais s’il convoque cette imagerie que l’on sent ici un peu obligée comme dans cette scène où la poussière envahit la rue et laisse hagards quelques passants, jamais cette analogie ne dépassera le cadre du gadget visuel... Et tout le film fonctionne de cette manière, une idée bâclée toutes les dix minutes. Aucune implication possible avec un propos proprement vide et absolument absent. Aucune immersion possible dans une histoire inexistante, aucune empathie avec ces protagonistes victimes d’un traitement qui ne prend aucun point de vue pensant se suffire à lui même et qui donc multiplie allégrement les incohérences visuelles et narratives.
Le film débute sur une très longue scène d’exposition qui ne raconte rien, galère à définir ses personnages qui restent dans le superficiel et la caricature (aaah la gothique, forcément ténébreuse… ooooh la jolie fille amoureuse trahie... pffff le copain un peu lourd qui fait des blagues…). Par cette proximité, cette longue scène devait nous rapprocher d’un groupe de jeunes bourgeois new-yorkais, mais sans points de vue et avec des personnages pas ou mal écrits, on peine à s’investir dans leurs péripéties et plus le film passe, plus on se sent étranger à leur histoire, alors qu’on devrait la vivre de manière très intime. Cette rupture ne va pas aider le spectateur à se passionner pour une suite de péripéties sans histoire… Et une fois que l’intrigue décolle et que le monstre est dévoilé, il va, et c’est un comble, vite lasser faute d’entretenir le mystère. Parce que notre grosse bestiole ne balaye pas que New York, elle balaie également en apparaissant à l’écran le seul intérêt du film (à quoi ça ressemble ?!) qui nous fait tenir la première heure. Son exposition complète lors d’un final particulièrement idiot est la preuve que le réalisateur n’a même pas eu le courage ou l’inventivité de rester au niveau de son postulat de départ. Il veut quand même nous montrer le monstre en entier, renforçant l’idée que les auteurs de ce navet sans saveur n’avaient que ça à fournir comme « clou du spectacle » et surtout qu’ils n’ont pas beaucoup réfléchi à ce qu’ils allaient faire…
Pareil pour les petits monstres qui outre le fait qu’ils sont affublés de cris particulièrement débiles (j’ai pensé à Villeret dans la Soupe aux Choux, en un peu plus épileptique) n’existent visiblement que pour remplir un quart d’heure de plus à un film qui rame à mort pour trouver des choses à filmer.
Et lorsqu’il y en a des choses à filmer, c’est à dire dans trois ou quatre scènes, le résultat semble bien pauvre et cette disette cinématographique frustre puis énerve l’amateur qui espérait vivre une expérience inédite. Le déploiement de force est réduit à trois G.I.s, deux lance roquettes et un tank. Le film reste bien propre, pas ou peu de cadavres, et l’inquiétante étrangeté que devrait faire naître le traitement réaliste est réduit à la décapitation de la statue de la liberté et à une calèche vide, scènes de toutes façons désamorcées par leur présence dans les trailers… Les péripéties de ces bourges qui auraient mérités de se prendre une pluie de briques sur leur teuf de nazes se résument à des promenades dans le métro et à monter puis descendre des escaliers (parce que les ascenseurs sont en panne).
Le héros de la fête va t’il retrouver sa copine ? la question serre les tripes du spectateur…
Ce mélange de scènes anti-spectaculaires et de scènes censées êtres dantesques auraient pu renforcer la crédibilité et l’aspect documentaire du film, et ça aurait été une chouette idée… mais au moment où ce procédé se multiplie (Rec, Diary of the Dead, Redacted) ce que propose Cloverfield est honteusement vide et finalement prouve que le film n’a strictement rien d’intéressant à dire. En donnant la réponse à la question posée par la bande annonce, le film ne propose plus rien, ni sur le fond, ni sur la forme. Il ne reste donc qu’à savoir si le protagoniste va réussir à embrasser sa copine ? Inutile de dire que cette question laisse bien sûr le spectateur dans un état d’anxiété haletante…
Filmé à hauteur d’hommes, l’attaque de cette bestiole gigantesque ne pouvait pas éluder la réaction ancestrale qu’elle devait susciter : la peur. Une véritable immersion dans la terreur qui aurait pu se décliner sur les différentes étapes du film. Et là c’est le défaut principal du film, il ne fait absolument pas peur, il ne communique jamais le sentiment de panique et rate ses rares tentatives lors des quelques moments où le réalisateur semble se souvenir de ce qu’il est en train de raconter.
Cette peur de l’inconnu, celle éprouvée par ces témoins qui savent que quelque chose se trame mais qui ne savent pas quoi, la peur panique qui enrobe ensuite les mouvements de foule, cette terreur enfantine qui nous submerge à la vision d’un monstre et qui devient la terreur primitive du chassé devant le prédateur… Tout ça est le plus souvent éludé, et lorsque c’est traité la mise en scène ne parvient jamais à s’affranchir du handicap du postulat de mise en scène alors que justement ce fameux postulat (filmé au caméscope donc de manière brute, sans effets de mise en scène, de musique ou de montage) aurait du être sa force. C’est en tous cas très surprenant, Cloverfield réussit l’exploit à rater totalement le peu dont il se contente ! Chapeau !
Pendant ce temps là le spectateur est plongé dans l’angoisse : le héros arrivera t’il à monter 32 étages à pied pour retrouver sa belle ?
Peinant à créer de la tension, le film n’évite bien sûr aucune facilité et saute sur l’occasion dès qu’il peut avoir recours à des ficelles déjà vues et revues pour les rares moment où il essaye d’être viscéral, ce qui n’arrive à peu prêt jamais …
La scène de fuite sur le pont est peut être brouillonne et ratée, elle est surtout catastrophique pour la suite du film car grâce à sa nullité en terme d’implication émotionnelle elle se tire littéralement une balle dans le pied en s’offrant la mort d’un des protagonistes dans une totale indifférence émotionnelle.
Et à ce moment là le spectateur est totalement flippé à l’idée que le héros n’a pas rappelé sa copine après avoir fait un tour de manège !
La scène du métro, dans l’obscurité, est surprenante par son absence presque totale de suspens, ce qui est en soi un exploit vu la configuration dramatique évidente de la situation. Cette scène rappelle une scène très réussie du surestimé The Descent (l’héroïne observant des monstres grâce au night-shot du caméscope) ainsi que 28 weeks later (et sa scène dans le métro au milieu des cadavres) pour une nouvelle fois étaler l’analphabétisme effarant d’une mise en scène dilettante se reposant uniquement sur son paresseux concept éventé… Prisonnier de sa forme, le réalisateur ne sait ici pas trop comment faire et vu que ce ne sont pas les idées qui l’étouffent, il décide de faire passer sa scène au forceps dans l’invraisemblance la plus … On a ainsi un gars qui continue à filmer alors que ses potes se font agresser par des p’tits aliens… Navrant de bêtise, le film devient impossible à sauver tant ses concepteurs ont tout fait pour le couler par leur incompétence. Le réalisateur n’arrive pas presque jamais à utiliser les avantages de sa manière de filmer qui finalement se révèle pour le film un handicap. Un comble pour cette merde qui n’avait que ça à proposer…
Ca, et une question qui noue l’estomac du spectateur : le héros et sa copine retourneront ils un jour à Cosney Island ?
Finalement le film contourne les attentes qu’il a provoqué pour proposer à contre pied une histoire d’amour surcucul entre jeunes friqués. Et là, attention, c’est la seule idée du film ! Il y a donc eu à un moment un cerveau qui a fonctionné, tenez vous bien, le caméscope efface au fur et à mesure les images d’un temps jadis où l’innocence de l’amour doit désormais faire place au chaos et à la violence. Paye ta métaphore. Si il y en a qui s’en contente, alors qu’un monstre géant dévaste New York…
Pour ma part la force évocatrice et la puissance du mythe de cet épisode de Beverly Hills avec Godzilla filmé par mon p’tit frère me replonge dans une chanson de mon enfance : « Vive le vent, vive le vent… »
Au final on apprend sur imdB que le mystérieux titre Cloverfield (« Champ de trèfle ») est en fait le nom de la rue où siègeait Bad Robot, la boite de prod de JJ Abrams… Quelle imagination…
En conclusion, il semblerait qu’un Clovershit II pointe le bout de son nez… Quelle intrigue notre brillant scénariste (Lost, Alias, Buffy… ils ont leurs fans, je n’en suis pas) va t’il nous concocter ? Allez vu qu’il semble bien galérer pour trouver des idées on va essayer de l’aider… Pour ma part je verrai bien un second film plus familial, alors pourquoi pas le suspense haletant d’une petite fille qui tenterait de retrouver Choupi son petit cochon d’inde alors que sa ville est attaquée par un troupeau de monstres assoiffés de sang dévastant tout sur leur passage ?

mardi 8 janvier 2008

I AM LEGEND

I am legend ou Robert Smith a la messe

I Am Legend aura connu plus de rebondissement dans sa production qu'il n'y en au final dans son scénario. Il y a 10 ans de ça, le film devait être réalisé par Ridley Scott avec Arnold Schwarzenegger sur un script de Mark Protosevich. Jugé trop coûteux le projet fut abandonné, puis repris par l'inénarrable Will Smith. Un temps prévu pour le truculent Michael Bay, puis pour le fantasque Guillermo Del Toro (qui préfère se consacrer à Hellboy II, qu'on retrouvera probablement dans ces colonnes) il finit par être réécrit et produit par le détestable et détesté Akiva Goldsman, coupable des scripts catastrophiques de navets comme The Da Vinci Code, I Robot ou encore le haut en couleur Batman & Robin... Celui qui se retrouve parachuté à la réalisation de ce film c'est Francis Lawrence adulé par les musicologues amateurs de bidons de lessive (il a réalisé des clips pour J-Lo, Britney Spears ou les pénibles Green Day), et célébré par les croutophiles et les bousophages de tous poils pour Constantine.

D'emblée, passées les premières minutes du film, on commence à craindre le pire, anticipant un naufrage prévisible. Car dans New York déserté, dévasté, entièrement abandonné aux animaux sauvages le jour et terrain de chasse pour vampires la nuit, Will Smith est Robert Neville, le dernier survivant, the last man on earth, l'ultime rescapé du retrovirus qui aura décimé quasiment toute la population.
La première partie de ce film ultra conservateur impressionne grâce au décor bluffant des vastes rues de Manhattan rendues à l'état sauvage, même si ce monde post apocalyptique a finalement un rendu très propre : pas de cadavres, pas de trucs qui pourrissent, ça reste très calibré pour le "grand public"... Et parfaitement en adéquation avec cet esprit consensuel, le personnage de Will Smith agace. Et il agace très très vite !
Le soucis c'est qu'on ne se retrouve pas tant avec Will Smith jouant (même mal) un personnage, mais qu'on se retrouve avec un personnage "devenant" Will Smith. Si dans un film comme MIB, ça fonctionne, le film étant écrit pour lui, dans I Am Legend, ça fait disparaître toute l'ambiguïté du personnage original par une caractérisation consensuelle et attendue... Mais ça, on commence à avoir tellement l'habitude qu'on ne simulera pas la surprise, lassé par un fatiguant sentiment de déjà vu.
On se retrouve donc avec un Neville super "cool", qui fait du sport tous les jours, a des abdos de malade, joue au golf sur une aile d'avion de chasse et roule comme un ouf dans Manhattan en Ford Mustang ! Il est bien sûr intelligent et doué, il est attentionné avec sa famille, c'est évidemment un militaire accompli mais strict doublé d'un scientifique rigoureux, il chasse le daim mais reste un grand tendre lorsqu'il voit que la lionne dans son viseur est accompagné du papa lion et de deux lionceaux trop choupis. Il sait faire des piqûres comme il sait utiliser son fusil d'assaut. Il est beau et il kiffe Bob Marley parce que Bob Marley, comme le président des USA, ne prend pas de vacances contre les méchants. La première demie heure est une publicité nous vantant la coolitude d'un Will Smith toujours fidèle à lui même, évoluant dans des univers interchangeables.
Fatalement, lorsqu'on essaye de montrer Neville comme ayant des failles psychologiques, on n’y croit pas une seule seconde. Parfaite illustration d'un casting qui se tire une balle dans le pied. Il assure tellement Will Smith qu'on ne s'inquiète pas une seule seconde pour lui, le film prend ainsi un rythme très ronronnant, pas forcément désagréable mais dégagé de toute implication.
Si on est saisi par les décors qu'offrent NY rendu à l'état sauvage, il faut reconnaître qu'on est carrément pétrifié par l'incompétence carabinée (et c'est peu de le dire) des responsables des bestioles en effets numériques... lions, daims et surtout, et c'est quand même beaucoup plus grave, vampires ! Tous semblent sortir d'un film d'il y a au moins dix ans. Ces fameux vampires, ou hémocytes pour faire celui qui s'y connaît, sont incroyables de laideur. Eclairés n'importe comment, animés comme dans un Tex Avery, ils sont en plus affublés d'une dégaine de merde au design complètement nul qui semble avoir été dessiné vite fait par un débutant paresseux qui aurait mal recopié des trucs déjà vus (entre Golum et les créatures de The Descent, c'est dire si c'est intéressant). Et pour rajouter la cerise sur ce gâteau faisandé, ces hémocytes sont d'une pénibilité assommante, cabotinant comme des crétins, toujours à faire des grimaces, à hurler pour rien et, malgré le premier degré sérieux dont le film prétend se draper, ils sont affublés d'un traitement des plus fantaisistes. Maigres comme s'ils revenaient de Pologne en 45, pâles comme des geeks qui seraient restés six mois à se branler sur des jpg, ils ont des capacités physiques totalement surhumaines et improbables ! On voit quand même deux spécimens renverser une voiture en donnant un coup de tête dedans ! Ils grimpent aux murs comme Spiderman, font des bonds comme Jack Nicholson dans Wolf et jouent comme les vampires de 30 jours de nuit... Le traitement scénaristique de cette belle brochette numérique souffre, à l'instar du film entier, de la réécriture contradictoire du script. Présentés tour à tour comme des animaux enragés ou comme des êtres doués d'intelligence, ces sévères approximations (et il n'y a pourtant pas grand chose d'autre à raconter dans le film) sabordent toute la complexité du matériau de base. Ces hémocytes sont ils si "sauvages" ? Neville est il si "humain" ? Cette interrogation aurait probablement emmerdé les hordes de fans de Will Neville (ou Robert Smith ? uh uh uh) venus se délecter de la prestation de leur idole. C'est là la différence entre film de consommation rapide, calibré pour faire de la maille et l'oeuvre d'un auteur. Et on se prend à rêver à ce qu'aurait pu donner ce film si il avait été pensé comme autre chose qu'un produit marketing à l'idéologie de bazar et au propos véhiculant une affligeante bêtise. La scène du piège est emblématique du mépris évident d'Akiva Goldsman et de sa réécriture de bouseux. Originellement, Neville commençait à onduler sérieux de la toiture et se prenait les pieds dans son propre piège, puis ainsi capturé, il était ramené chez les vampires et découvrait une civilisation en train de naître. Il commençait ainsi à comprendre la nature philosophique de sa situation de "chasseur de vampires" et l'on pouvait retrouver l'interrogation du roman de Matheson, n'est ce pas le nombre qui fait la normalité... Foin de tout ça, un fois réécrit le film montre juste Neville capturé par un piège tendu par des animaux enragés, d'une idée intéressante on en fait une péripétie idiote ! Idiote comme l'idée des chiens mutants dressés, idiote comme la mort attendue du clébard trop mignon sonnant un tournant hardcore en carton pâte pour des crétins ne voyant le cinéma uniquement que comme un divertissement léger à consommer entre les frites et le coca, idiote comme la réalisation minable de ces scènes d'action sinistres de platitude et dépourvues de tout suspens, illisibles "à la mode d'aujourd'hui", on secoue à fond la caméra, pensant que décollera l'intérêt du spectateur. Rien de bien nouveau c'est toujours la même odeur de merde qui suinte.

Puis agacé par un film prometteur plutôt raté, on entre comme l’on pénètre sur un lieu saint dans le dernier tiers du film. Le spectateur affligé découvre éberlué le tournant confondant de connerie que va prendre toute cette histoire, il est prié d’enlever ses chaussures, de se découvrir, de mettre un genou à terre, de commencer à joindre les mains mais surtout qu'il ne mange pas le bacon, il est pas kacher ! Alors que Smith Neville décide de se suicider dans un affrontement nocturne avec les méchants vampires, deus ex machina dans ta race, une puissante lumière divine le sauve in extremis, puis il se retrouve à moitié inconscient dans une voiture sous la protection de ce rituel instrument de torture dont on parsème volontiers les paysages en terre chrétienne et qui pendouille benoîtement au rétroviseur.
On retrouve enfin le thème central du cinéma américain de ces dernières années : la recomposition de la famille. Un Noir, une Latino et un p'tit gamin Blanc pour que tout le monde puisse se sentir concerné. Pour bien nous expliquer que Neville est un peu fou, on nous montre Smith à contre emploi, brutal et un peu méchant, mais le spectateur n’est pas dupe et il sait bien que c'est parce que la croix qu'il porte seul est trop lourde ! Heureusement, le DVD de Shrek va réunir tout le monde et ô miracle ! C'est très ému que le spectateur se rend compte qu'il y a une analogie bouleversante dans le dialogue entre l'âne et l'ogre vert et la situation de Will Smith ! Quelques instants plus tard, celui ci explique que son héros c'est Bob Marley, et merci de nous coller un morceau derechef ! Le dernier homme sur Terre n'est peut être pas seul, mais il a des goûts de chiottes c'est certain ! J'imagine l'enfer que ça serait d'être seul au monde et de tomber sur un autre survivant qui triperait sur Shrek en écoutant du reggae... De quoi détricoter la housse des sièges pour se faire une corde…
Alors quelle peut être la conclusion d'un survival dont l’ambition politique est résumée par un CD de Bob Marley et où la portée mythique est illustrée par un DVD de Shrek ? On a beau craindre le pire, on ne peut pas imaginer un dénouement d’une telle beauferie conservatrice. La fille est une illuminée et est présentée comme telle. Elle explique que Dieu lui a parlé, l'a guidé jusqu'à Neville pour lui sauver la vie et l'empêcher de se suicider. Ce dernier réfute bien sûr cette hystérie théologique et explique dans une scène qu’agite les mous du bulbe comme un hochet que Dieu n'existe pas... Will Smith renie Dieu ! Oooooooh... (Imaginons les mines stupéfaites d'une partie du public) Il le renie car il a perdu la foi, et comment qu’il l'a t'il donc bien perdu einh ? Eh bien parce que sa femme et sa fille sont mortes dans un accident d'hélicoptères juste après qu'ils aient longuement prié… Décidemment les voies du Seigneur sont impénétrables… sauf peut être pour les scénaristes de la Fox !
Bref, l’aveuglement religieux de cette grenouille latino confronté à l'aveuglement scientifique de Neville était en soi une bonne idée, mais le chemin de cet antagonisme n'est évidemment pas foulé par un film qui lui ne se foule pas non plus et qui nous refourgue le coup de la Révélation. Passé l'assaut de la maison, raté comme toutes les autres scène d’action, on retrouve Will Neville Robert Smith réfugié dans son labo et qui se rend compte qu'il a trouvé le vaccin. Les vampires après avoir défoncé une porte blindée en un tour de main tentent de péter la porte en plexiglas à force de coup de boule ! Will, la brebis égarée qui aura, comme Pierre, par trois fois renié son Créateur avant le lever du soleil, va avoir une vision : "Look a butterfly" lui faisait sa fille Marley (sic) et, soudain, il aperçoit un papillon sur le cou de la folle, puis les éclats de la vitre dessinent deux ailes.
En voulant vaincre le cancer les scientifiques ont osé défier les plans du Seigneur, une fois de plus l'humanité a pêché par son orgueil démesuré (et c’est souvent à cause du pouvoir scientifique ou fédéral, source de tous les maux dans les films yankees). Heureusement un soldat de l'exemplaire armée des USA saura être le bras armé de Dieu et saura se sacrifier pour racheter toutes nos fautes. Neville a une Destinée qui le dépasse, son sang est le remède qui sauvera les Hommes de ce qu'ils ont eux mêmes provoqué. Le vaccin enfin découvert, Will Christ hurle aux vampires "je peux tous vous sauver" et il finit par admettre à l'illuminée qu'il avait tort... "Je sais pourquoi vous êtes là", il offre la fiole contenant son sang telle une sainte relique. Ce revirement de situation donne donc raison à la fille et par là même on conclut que toutes les inepties qu’elle a déblatéré sont a prendre au premier degré, elle a bel et bien tapé un bout bavette avec Dieu qui lui a raconté la fin du film et qui lui a révélé la présence d’une nouvelle colonie d’immunisés, purs d’entre les purs.
La conclusion de cette bobine bénie nous montre donc cette envoyée de Dieu, cet ange aux ailes de papillon arriver aux portes de la Nouvelle Communauté, sorte de petit village WASP implanté sur une colline où trône fièrement une église immaculée, entouré d'un mur d'enceinte et de soldats armés. Une bible dans un main, un fusil M16 dans l’autre, Dieu comme copilote et c’est parti pour de nouvelles aventures. Un véritable fantasme pour fondamentalistes religieux, un paradis pour redneck... A l'image de l'Amérique voulue par les neo cons.
Grâce à Dieu, la société est préservée. N'ayez plus peur, entrez dans l'Espérance. Amen.
Bordel, à la fin du film j'avais l'impression de sortir de la Messe…

Alors on peut se laisser charmer par le spectacle, si on est pas bien difficile, si on accepte les plus grosses incohérences (comment la meuf fait elle pour arriver sur Manhattan alors que tous les ponts sont pétés, comme parvient elle a traîner Smith dans sa voiture alors qu'elle est assaillie de vampires et comment fait elle pour survivre à l'explosion qui aura soufflé le labo... La main de Dieu probablement) et le j'm'enfoutisme général qui émane de ce film, on ne peut pas décemment fermer sa gueule devant le calibrage de ce genre de productions qui véhiculent une version conservatrice, religieuse et profondément détestable de la société. Pour traiter tout ça à la légère, ne pas y voir de propagande religieuse obscurantiste ou penser que l'on peut voir ce film sans prendre en compte le contexte de l'époque, il faut être sacrément idiot.
Ou sacrément bouché.

I am Legend clôture cette année de films de merde d'une belle manière. Nauséabond et détestable. Idiot et réalisé n'importe comment. Superficiel et incohérent.

Epilogue
: 330 millions de dollars engrangés plus tard, on entend parler de I am Legend 2 !!!
Vous me direz, il n’a fallu que trois jours à Jésus pour ressusciter…

mardi 4 décembre 2007

HYPER TENSION

Jason s'tatane et c'est de la merde
Un tueur à gage de la mafia se fait inoculer un virus qui va peu à peu le paralyser. Il n’y a qu’une chose à faire pour ralentir l’irrémédiable : faire monter son taux d’adrénaline au maximum ! Nanti d’un pitch assez fun qui permet de faire un peu l’impasse sur le scénario pour privilégier l’action non stop, Crank (Hyper Tension) avait tout pour exciter le spectateur prêt à s’embarquer pour un trip con mais jouissif.
Le parti pris du film est donc de l’action, encore de l'action, toujours plus d’action, sans s’arrêter ou presque ! Alors de poursuites en voiture en fusillades, de levrette en fellation, de cocaïne en adrénaline, notre vaillant Jason Statham… pfff je m’y frais jamais à ce nom, pourquoi pas Jason Sfrifritte tant qu’on y est ? Bref Jason Stabasse fait ce qu’il peut pour exister devant une caméra qui ne le lâche pas d’une semelle, il agite les bras, il se roule par terre, il saute dans les airs et passe le reste du temps à courir. Pourquoi pas me direz vous se payer une bonne tranche de décervelage musclé ? Einh ? Pourquoi pas ? Et ben parce que c’est nul ! Ce film à chier n’avait pourtant pas beaucoup d’ambition, mais il faut croire que c’était déjà trop.
Le scénario est mince, très mince : notre héros court partout retrouver un gars et finalement lui tirer dessus et le jeter d’un hélicoptère. Pas bien compliqué. Le problème c’est les astuces pour tenter de donner un peu de corps à tout ça, parce qu’un sous Bruce Willis (Statham, costaud et dégarni toujours prompt à montrer son cul) qui hurle et cours pendant une heure vingt c’est quand même un peu léger ! Alors les deux scénaristes réalisateurs (Brian Taylor et l’ex-cascadeur Mark Nevedline) tentent de greffer sur leur script inepte toutes les idées qui leur passent par la tête (un manchot atteint par la lèpre aurait assez de doigts pour les compter). Si la distanciation et les effets visuels intriguent les cinq premières minutes, on doit vite se rendre compte que les seules idées du film y sont condensées. C’est dommage car il y avait quelque chose à creuser dans ces astuces visuelles (mouvements de caméra débiles, blagues écrites sur l’écran, split screens…) pour étoffer le film et donner un sens à l’action… Rapidement répétitives, ces coquetteries finissent par tourner à vide et ne dépassent pas l’anecdotique et le tape à l’oeil.
A mon avis ils devaient être tout content de se dire que ces effets allaient capturer l’attention du spectateur leur permettant d’aligner des scènes d’actions ébouriffantes découpées de manière à proposer au spectateur une subtile mise en abîme de l’état de stress du héros. Les clins d’œil à GTA et aux jeux vidéos étant une chouette idée pour dire que tout ça, finalement, c’est pour rire… Sauf que c’est tellement artificiel qu’on oublie en route ce procédé qui, de toutes façons, ne sert à rien. Le montage se veut épileptique, il n’est que brouillon et maladroit, il rend illisible la plupart du temps ce qui se passe sur l’écran et les réalisateurs ont beau filmer comme s’ils se battaient pour tenir la caméra, le peu qu’on perçoit fleure bon le film d’action fauché… Un Z tunné, thuné et détestable car puant de prétention et d’attitude bad-ass m’as tu vu. Du cinéma de poseur immatures et bien con. L’action aurait du tout péter, mais le seul truc qui se la pète, ce sont les réalisateurs.
Plutôt que d’essayer de trouver des idées, ces deux tanches décident de flatter leur public cible avec tout le racolage et la putasserie dont est capable l’industrie américaine lorsqu’elle décide de s’adresser aux jeunes qui sortent le samedi soir. On sombre donc dans une mélasse où l’homophobie assumée côtoie le sexisme le plus abusé ! Le seul personnage féminin du film est la copine de Statham, et la façon dont elle est dépeinte à l’écran est d’une finesse digne d’un clip de hip hop bling bling. Gourdasse écervelée qui ne peut pas régler elle même l’horloge de son four à micro ondes, elle se fait prendre de force en levrette en pleine rue par Jason, d’abord en se débattant, puis finalement en se laissant faire parce qu'elle prend son pied la cochone en nous faisant comprendre combien Statham est bien membré... Sauf qu’il doit repartir courir tuer on sait pas qui en la laissant en plan ! Quel manque de respect pour les femmes semble t’elle dire au spectateur ! Comprenant le désarrois de son copain elle saura se rendre utile UNE seule fois dans le film, en lui faisant une fellation… Le reste des personnages féminins sont des morceaux de viande en string, elles sont soit nues à quatre pattes (chez le méchant) ou alors nues dans des globes en verre (chez le mafieux) ou aussi nue sur le lit (chez le médecin !), le tout présenté dans une affligeante esthétique de clips de R’n’B (montres de luxes et belles chemises comprises). J’ai beaucoup aimé le nom de la fille chez le médecin, une Noire qui n’aura pas grand chose à dire à part répondre «oui» quand on l’appelle «Chocolat»… Tordant. Venez pas me dire que c’est du second degré, la connerie à ce niveau n’est jamais de second degré. C’est pas que nul, c’est surtout méprisable.
Cette merde finit par se terminer après un deus ex machina pathétique lorsque le héros tombe avec le bad-guy d’un hélicoptère. Après cinq minutes de chute libre pendant lesquelles il a le temps d’insulter la mère du méchant, de l’étrangler puis de passer un coup de fil à sa copine (oui oui) il finit par s’écrouler sur le toit d’une voiture, rebondit et s’éclate la gueule sur le bitume. La face collée à l’écran, dans un plan qui m’a rappelé furieusement la mort du dernier lascar de Cannibal Holocaust (la caméra est à 90°). Il est mort c’est fini. Ouf.
On ne peut excuser les auteurs de cette merde qui n’a d’extrême que sa beauferie, vu qu’ils sont à la fois caméraman, scénaristes et réalisateurs ! Responsables et coupables. Pour des auteurs aussi complets, quatre murs ce sont assurément trois de trop ! On ne s’étonnera donc pas vraiment de savoir qu’ils vont ressusciter leur héros pour une suite (Crank 2 High Voltage pour 2009) qui s’annonce bien étant donné qu’ils restent aux commandes ! Le pitch ? Statham va se faire greffer un nouveau cœur, problème il faut que celui ci subisse des chocs électriques régulièrement. Soyez chic, greffez un cerveau à au moins un membre de l’équipe pour Crank 3

dimanche 11 novembre 2007

POLTERGAY

poltergay, c'est de la merde
On me dit « Junko pourquoi toujours t’obstiner sur les films américains, tu ne regardes donc jamais de films français, tu n’as pas vu les Bronzés 3, La Mentale ou Rrrrrr ?! » Uh uh uh, bien sûr que si et si j’avais commencé mon blog plus tôt, je me serais volontiers soulagé sur ces trois exemples de la beaufitude triomphante qu’exhale régulièrement notre pays mais qui par chance ne sort que rarement de nos frontières ! Pas grave, la nuit dernière j’ai vu Poltergay et je vais pouvoir me venger, même si cette crotte n’est pas la pire !
Pas la pire, mais c’est tout de même une belle merde qu’on a là et qui commence en 1976 par l’explosion d’une boite de nuit gay… Cette boite qui est dans une grande maison genre baraque à la Fulci époque La Maison prêt du cimetière est abandonnée… puis rachetée 30 ans après par un jeune couple, Clovis Cornillac et Julie Depardieu. Elle s’avère être hanté par 5 folles qui nous rappellent le pire du comique français des années 70. J’en dis pas plus, c’est nul et de toutes façons l’indigence de l’histoire ne se formule pas, elle se vit, se subit, s’inflige.
Poltergay. Poltergay c’est exactement le genre de film qu’on regrette d’avoir vu avant même que le générique de fin ne vienne nous délivrer. Pendant une heure et demie nous n’aurons droit qu’à un seul et unique mouvement de caméra sympathique, c’est facile c’est le premier, pour le reste ça a beau être en scope la mise en scène est d’une platitude absolue, bêtement illustrative. De toutes façons pas besoin d’accuser le cadreur ou le directeur de la photo il n’y a rien à filmer. Vous voulez qu’il mette quoi dans son cadre ? Une maison à moitié vide ? Cornillac cette grosse amibe bodybuildée qui joue mieux avec ses fesses qu’avec sa tête ? Qui sort son texte comme s’il n’était pas là, comptant sur son imposant physique ou sur son cul pour faire illusion ? Il n’y a rien ! Rien ! Le néant… Enfin, il y a bien 5 folles jouées de manière outrée comme on en a déjà vu dans divers navets plus ou moins homophobes mais là pas la peine de sortir les grands mots, je n’ai pas trouvé ça « homophobe » comme on a pu le lire ici ou là, c’est juste banal, banalement beauf… Ca se vautre dans des clichés éculés, ça se fout de la gueule des flics de manière populiste (ah ah le flic qui se moque de Clovis Corniaud en fait il est pédé arf arf arf…) le tout drapé dans un bon sentiment gay-friendly tellement hypocrite et con qu’autant de bêtise donne envie de vomir. Ca se veut gentiment transgressif (deux références pas drôles à Delanoé) mais c’est juste lourd, vulgaire, déplorable.
Et le plus fou c’est que c’est censé être une comédie alors qu’il n’y a pas un gag drôle. De toutes manières il n’y a pas de gag du tout. Ou alors ils sont tellement minables qu’on préfère regarder ailleurs à ces moments là. Un journaliste des Cahiers du Cinéma a écrit et je le cite parce que ça vaut le coup : « le gag se trouve rarement au centre de la scène (…) il est un complément, un agrément, une ponctuation. C’est par exemple la passion pour la fast-food du désenvoûteur (…) qu’on voit expliquer l’étrange phénomène des fantômes en avalant des nuggets de poulet (aaaah ah ah oui désopilant, effectivement je l’avais loupé ce gag) C’est le plan presque inaperçu (…) où un des rescapés de 1976 essaie de faire rentrer un 45 tours dans un boîtier CD. Marc s’approche et lui montre que non, on ne fait pas comme ça. Quatre secondes, pas plus, et rit qui veut. Dans Poltergay, le gag n’est jamais une prise d’otages. » C’est François Begaudeau qui ose sans rire nous écrire ça ! En fait dans ce truc, la seule bonne blague c’est sa critique dans ce canard de blaireaux prétentieux… Dis moi mon p’tit François, les producteurs ils t’ont payé pour enfiler autant de conneries de manière aussi pompeuse sur une page entière ? Ou alors t’es juste complètement débile et tu t’éclates à faire des critiques ampoulées de navet de troisième zone en te paluchant d’une main ?
Entre parenthèse on parlait des producteurs alors en passant notons que c'est leur deuxième prod après les Brigades du Tigre alors si vous continuez dans la même voie pensez à m’envoyer une invit’ pour votre prochain film !
Bon, n’en déplaise à cet idiot de Begaudeau et ses prises d’otages ou ses plans inaperçus de 4 secondes, le scénario de Poltergay est aussi dégarni que la maison, il a été écrit par un certain Hector Cabello Reyes qui n’a jamais rien rédigé d’autre que cette paresseuse ineptie et qui, on apprend tout sur internet, est professeur d’arts et professeur de scénario ! Sans blague, à ce niveau là moi je veux bien être chirurgien du cerveau… Si j’en parle, c’est pas uniquement pour me moquer de lui parce qu’il écrit comme une brêle, non, c’est parce qu’il incarne également le psy de l’une des scène les plus naze du film, scène qui, de plus, a tellement été vue et revue que l'on aimerait à ce moment là que le film soit une pièce de théâtre pour pouvoir se lever et hurler notre indignation devant un si désolant spectacle... Ca serait pitoyable si seulement on pouvait éprouver de la pitié pour Clovis Cornigaud...
Alors quand on sait qu'en plus le responsable de ce soporifique fiasco a fait ses armes comme réalisateur des Guignols de l’Info, on comprend mieux sa mise en scène plus rigide qu’une bronchoscopie, et lorsqu’on apprend qu’il a ensuite été directeur artistique de la série H, on saisit toute l’ampleur de l’horreur de la chose. Eric Lavaine qu'il s’appelle, c'est bien la mienne d'avoir enduré cette merde !

POST SCRIPTUM : Je jure, je jure de toutes mes forces que je ne savais pas le jour où j'ai écrit cette note, que François Begaudeau était le chanteur du plus reulou des péniblissimes groupe punk rock Zabriskie Point ! En tous cas, je ne sais pas si je dois conclure par "le monde est petit" ou "il n'y a pas de hasard"... Mais si la carrière critique de François est à la hauteur de sa carrière dans le punk rock, je vais le suivre de prêt !

lundi 5 novembre 2007

LA DERNIERE LEGION

Halala… Cette décourageante fresque lymphatique est peut être un spectacle principalement destiné aux plus petits d’entre nous ce n’est pas à mes yeux une raison suffisante pour être magnanime et tolérant ! Cette purge sans être vraiment détestable a tout de même su redonner un éclat tout particulier au mot « misérable ». Ainsi Doug Lefler, collaborateur de Sam Raimi (aïe), storyboarder d’épisodes d’Hercules (aïe aïe) et réalisateur d’épisodes de Xena (aïe aïe aïe) va sous les ordres de l’inénarrable Dino De Laurentiis et devant nos yeux qu’on aurait bien aimé ébahis nous faire revivre les grandes heures du bis rital ambiance peplum-fantasy mou du genou mais aux costumes rigolos et aux décors en carton pâte !
Ainsi donc, on a un p’tit gamin, le dernier César, qui doit fuir Rome tombée aux mains des Goths. Il se réfugie en Angleterre après avoir retrouvé l’épée de Jules César. Il est aidé dans sa quête par des personnages sympas, deux trois romains, une guerrière hindou et un vieux sorcier… Même si on s’en doute, il faut attendre la fin du film pour apprendre que le vieux sorcier c’est cette vieille branche de Merlin, le dernier César n’est autre qu’Uther Pendragon et l’épée vous l’aurez tous deviné à ce stade, c’est bien sûr Excalibur ! Pour les nigauds qui comprendraient pas, les responsables de la com ont décidé de tout spoiler direct sur l’affiche, probablement pour permettre aux gens de partir avant la fin du film sans qu’ils aient l’impression d’avoir loupé quelque chose… C’est assez élégant de leur part, il faut le noter !
Par contre, en parlant d’élégance, il vaut mieux éviter de parler de la réalisation. L’inexpressivité totale de ce film tout mollasson nous rappelle régulièrement le passé télévisuel de l’auteur et les conneries défilent à nos yeux à un rythme endiablé… Dommage que l’histoire et les personnages ne suivent pas la même cadence parce que pendant une heure et demie c’est le festival des faux raccords honteux (des personnages apparaissent ou disparaissent de l’image plus mystérieusement que Merlin dans Excalibur) des champ contre champ (qui nous rappellent l’hystérie des plus belles scènes de bistrot de Plus Belle la Vie) et des ellipses scénaristiques pour lesquelles on ne sait plus qui fustiger, le scénariste inconscient, le metteur en scène probablement grippé ou l’équipe technique qui doit probablement ne rien capter à ce qui se passe. De toutes façons cette coproduction internationale semble avoir été conçue pour faire bosser ensemble des étudiants d’un peu partout en Europe, genre stage d’été. Et si l’on doit évoquer le montage de La Dernière Légion, on se dit que l’assistant français du monteur devait être trop occupé à besogner la script girl slovaque pour se soucier de cette farce dont le budget n’a même pas la décence d’avoir été ridicule ! Et si le budget n’est pas ridicule les chorégraphies, elles, n’oublient pas de l’être ! On a donc une petite pensée pour la miss monde indienne qui fait juste n’importe quoi avec ses armes débiles et qui est aussi crédible en farouche guerrière toujours bien coiffée et admirablement maquillée que Tante May dans le rôle d’Helen Ripley !
Et si les chorégraphies sont ridicules, les costumes ne sont pas en reste et permettent de sortir de l’état amorphe dans lequel l’indigence de ce spectacle bâclé nous plonge. Si pendant la première heure les Goths font rire, l’apparition d’un espèce de seigneur de la guerre qui se trimballe un look de heavy metalleux de 14 ans avec imper grotesque et masque pourrave sorti d’un Z rital de 1983 finit d’enterrer le film. C’est pas possible, la costumière bulgare devait s’envoyer en l’air dans un coin avec le preneur de son tchèque !
Pour faire bonne figure, et pour rehausser chorégraphies grabataires et costumes fauchés, rien de tel que des maquillages en plastique ! Et là, c’est carrément la fête du caoutchouc ! La cicatrice que le pauvre Kevin McKidd (le Vorenius de l’excellente série Rome) arbore fièrement lui donne une tête de Kirk Douglas époque Les Vikings… Sauf que dans le film de Fleischer, on y croyait ! Vorenius, ou Wulfila, comme il se fait appeler depuis qu’il a mis une perruque rousse, ne joue dans ce film qu’avec son œil droit… Et vu son large temps de présence à l’écran il doit être un des seuls à avoir vaguement bossé, on sent que ça le saoule un peu… Surtout que le reste de l’équipe italienne devait être en train de fumer des oinjs à l’autre bout du plateau ! Mention spéciale aussi pour son pote, l’espèce de gros barbare qui m’a fait penser à Roger Ward (Fifi Macaffee dans Mad Max) et dont le jeu d’une incroyable finesse a du être peaufiné tout en nuance sur des rings de catch pendant 20 ans !
Mais bon, c’est encore les Goths les plus rigolos, parce qu’en face, la communauté de l’épée est formée d’une sorte d’asperge pour jouer le héros charismatique (Colin Firth, aussi expressif que le poisson du même nom), de Sonia Roland dans le rôle d’une guerrière redoutable, de Gandhi (Ben Kingsley) ici affublé d’une fausse barbe et d’une robe blanche pouilleuse dans le rôle de Gandalf et même, et là je ne plaisante plus, d’un gros rasta qui fait un gros centurion sympa (film américain oblige, tout le monde doit s’y retrouver) !
Quand la débâcle atteint ce niveau, on ne s’inquiète plus de la photo qui ose des plans d’un ridicule achevé (l’hindoue devant le héros dans un face à face en ombre chinoise, ça donne envie de faire une capture d’image pour un éventuel concours du plus moche fond d’écran) on ne s’inquiète plus non plus des pompages éhontés (Le seigneur des Anneaux et ses 4 crétins qui passent des cols de haute montagne en short, Gladiator et ses vilains barbares qui sortent du sous bois, l’affiche et son air de 300 à la con) et on ne fait bien sûr plus attention aux dialogues qui sont globalement d’une hallucinante ineptie… Parfois d’une puissance évocatrice digne d’un emballage de carambar, la philosophie de ce navet familial bouleversera les petits comme les grands par l’universalité de son propos. Je ne peux m’empêcher de terminer en citant Merlin : « Quand le chemin devient obscur il devient difficile de le voir »… Méditons là dessus, le temps de se taper Resident Evil 3 et de revenir à des préoccupations plus terre à terre !
En conclusion, je trouve que cette ânerie insondable et définitivement grand public (pas de sang, rapports très chastes) nous ramène au cinéma de papa, voir même de grand papa… le kitch des années 80, les aventures fauchées mais colorées des nanards des années 60, avec en conclusion le discours pacifiste ultra naïf des années 50… Oui, c’est bien plus de 50 ans de conneries que ce film nous résume en un peu plus d’une heure et demie. Merci Doug, merci Dino.

mercredi 24 octobre 2007

TELERAMA #3015

télérama... c'est cool on vient de me réabonner !